Témoignage

Journée crampons-piolet à Aiguilles, le 9 janvier 2021

Le 22/01/2021 par Les Premières de cordée

Confinement, météo pourrie, reconfinement, couvre-feu… Voilà des mois que les Premières de cordée voient leurs perspectives de retrouvailles tomber à l’eau. Alors quand la date de notre journée perfectionnement en glace approche, nous sommes peu à croire que le sort nous laissera tranquilles cette fois.

Trêve de pessimisme : nous voici quasi au complet le 9 janvier 2021, 8h, boulangerie de Guillestre. La journée commence avec une belle énergie : le froid règne sur le 05 depuis une bonne semaine et les cascades commencent à serrer. Nous sommes heureuses de nous retrouver et, toutes plus engoncées les unes que les autres dans nos doudounes, nous nous réchauffons à grand renfort d’éclats de rire.

Raphaële, qui nous chaperonne pour cette journée, nous fait un topo sur les conditions. Le but du jour est de reprendre le contact avec la glace (voir de l’apprivoiser pour Olivia qui n’avait pas pu être présente lors de la 1re sortie). Qui dit retrouver le glaçon dit reprendre la confiance et donc réviser les manips’, se réapproprier la gestuelle, revoir aussi lunules et autre abalakov.

Puisque nous attaquons notre deuxième année, nous avons toutes été mises à contribution par Raphaële au cours des jours précédents pour préparer la sortie. Si les plus téméraires avaient déjà préparé leur rack pour partir taper du glaçon dans les Y ou autres grandes voies, le choix s’est finalement porté sur la cascade d’Aiguilles : des lignes dans tous les niveaux, de l’espace pour discuter, questionner, observer… Bref pour apprendre.

Les dernières bouchées de brioches sont englouties, allez hop tout le monde à bord. Au fil des kilomètres, chacune frémit : certaines, comme Elo, d’impatience d’aller jouer des pioches, d’autres, comme Marie, de terreur en voyant les degrés chuter inlassablement. Il faut dire que nous ne sommes pas toutes des glaciéristes aguerries et que quelques-unes appréhendent le froid et la difficulté de la discipline.

Mais pas question de mollir ! Sur le parking, il est temps de s’équiper et comme souvent nos échanges teintés de rire nous réchauffent presque comme un bon thé chaud au coin du feu.

Une fois dans le secteur aventure, Raphaële nous refait un point sur les manips et la technique et c’est parti. Chloé, Vincianne, Elodie et Olga attaquent en tête, piolets affutés, broches aiguisées.

Avec Olivia et Pauline nous décidons de nous (r)échauffer en moulinette.

Nos débuts sont un peu hésitants et humides, mais la machine 1res de cordée se dégrippe rapidement. Les heures passent, les longueurs s’enchaînent dans une joie communicative, d’autant plus que notre chemin croise celui des Caf Girl Grand-Est autant motivées que nous. Nous avons même la chance d’avoir la visite d’Angèle, Anaïs et Loussïa, mini première de cordée.

Mais la fin de la journée approche et le froid nous rappelle à l’ordre. Nous finissons par un atelier abalakov où Raphaële nous convainc que l’on peut se pendre à 15 sur une lunule. Ça sera pour une prochaine fois : le chocolat chaud et le devoir nous appellent, il est plus que temps de préparer notre voyage de fin de promo.

Toutes les premières de cordée sans exception sont finalement rassemblées autour de victuailles en tout genre. Le moment parfait pour prendre une grande décision : nous partirons donc en Sardaigne en septembre pour enchaîner les grandes voies sportives et en terrain d’aventure.

Fortes de ce projet, nous nous quittons ragaillardies. Mais pas pour bien longtemps. Plus de la moitié d’entre nous se retrouvera le lendemain pour mettre en pratique les leçons de la veille au torrent de Queyrière, preuve de la belle énergie de notre groupe. Plusieurs d’entre nous, même celles qui étaient initialement les plus réfractaires, iront d’ailleurs taper du glaçon les jours suivants, revigorées par ces moments qui donnent la confiance et la pêche.

Pour résumer, nous nous sommes quittées en rêvant de glace bleue et d’embrun dans les parois du calcaire sarde, mais surtout avec nos rires qui résonnent.

Finalement, la joie, la bonne humeur et les sourires vaincront. Et c’est aussi cela que nous apprenons et voulons transmette avec Premières de cordée.