Groupe Féminin

Premières de cordée

Dans le projet de développement 2016-2020 du CD05, la création d'un nouveau groupe a vu le jour.

Pour améliorer le partage, l'échange et la découverte, et pour favoriser la mixité des pratiques, nous avons mis en place un groupe Promotion féminin escalade/montagne axé sur le développement de l'autonomie, la pratique en toute confiance et l'accès à un rôle de « première de cordée ».

L'équipe fonctionne sur 2 années de stages, axées sur les différentes techniques d'escalade et d'alpinisme (fondamentaux, artif, grandes voies rocheuses en terrain d'aventure, mixte et cascade de glace, alpinisme estival et hivernal, grandes courses...). La fin de la deuxième année est consacrée à la préparation et à la réalisation d'une expédition "montagne/escalade".

>>> Suivez les actus des "Premières de cordée" sur Facebook et sur le site internet : https://1eredecordee-ffcam05.fr/ !

Promo 2020-21 : présentation de l'équipe

Promo 2020-21 : présentation de l'équipe

"Premières de cordée" c'est son idée, voici Angèle !
J'ai 35 ans, maman d'un petit gars de 8 ans et d'une petite fille de 5 mois. Je suis éducatrice sportive depuis 10 ans. J'ai passée plusieurs brevets d'Etat (kayak, accompagnateur en moyenne montagne) avant d'obtenir mon diplôme d'Etat d'escalade en 2017. C'est grâce à ce dernier que j'ai découvert ma nouvelle passion pour l'escalade et la montagne (dans son état le plus pur qu'il puisse être !). Grâce à elle, je réussis à me découvrir d'avantage, j'apprends l'humilité, la simplicité, la beauté et la joie du dépassement de soi.
Chacune avons notre place sur cet élément, à nous d'en faire la preuve.
"Premières de cordée" me donne de l'espoir.
J'ai eu l'idée du groupe bien avant mon DE, mais c'est grâce au projet de formation que j'ai mis en place ce groupe féminin d'escalade "Premières de cordée" en 2017...  
But et objectif :
- Rassembler les femmes du département afin de créer une dynamique et une cohésion de groupe. Ce groupe est constitué de 8 filles pour deux années.
- Améliorer le niveau de sécurité, technique et moral de chacune afin de pouvoir être autonome. L’objectif principal est donc de créer un groupe promotion féminin escalade/montagne axé sur le développement de l’autonomie, la pratique en toute confiance afin de devenir "première de cordée".

Voici Chloé
La montagne, je l'ai découverte il y a deux ans, du haut de mes 28 ans ! Ayant habité de nombreuses années en Martinique, je connaissais plutôt " l'altitude négative " : le joli monde de la vie sous-marine avec la plongée en apnée ! En débarquant un été dans les Hautes-Alpes, j'ai découvert un nouveau terrain de jeu, " l'altitude positive " : les montagnes, la grimpe, l'alpinisme ! Et quelle révélation, toujours émerveillée par ce bel univers, j'adore le fait que l'on puisse aller là, sur ce sommet, sur cette montagne, avec notre corde, nous, notre cordée, notre matos, notre motivation !
"Premières de cordée", c'est un super projet initié par Angèle. Et la chance de partager une aventure comme celle-ci avec des nanas toutes différentes mais avec un point commun, les crocs de la montagne et la volonté de progresser, ensemble ! 
Que l'aventure commence !!

Voici Olivia
Passionnée de montagne depuis toujours, mon sac a dos me suis partout ! Le pas fut simple à passer entre randonnée et alpinisme. Puis, limitée par mes connaissances techniques, je me suis mise peu à peu à la grimpe.

Attirée par les hauts sommets et les volcans en activité, mon but est d'être toujours dehors, marcher, courir, grimper... peu importe !
"Premières de cordée", c'est une opportunité magique de rencontrer des nanas pleine d'énergie, toujours prêtes à faire une sortie mais surtout à s'entraider!

Et voici Marie
La montagne, je l'ai découverte en famille. D'abord en crapahutant gamine sur les sentiers et dans les alpages, puis il y a quelques années crampons aux pieds. Depuis, avec mon compagnon, nous partons dès que possible sur les sentiers, dans les parois, sur les arêtes, dans les couloirs. Que ce soit en ski, à vélo, en chausson, l'important c'est d'être dehors et de profiter de cet environnement. Après quelques années au pays de la cancoillotte et du comté, j'ai enfin pu poser mes valises aux portes des Ecrins.
Quand j'ai vu qu'une nouvelle promotion du groupe des filles du CD05 FFCAM se formait, j'y ai vu l'opportunité de faire de belles rencontres autour d'un élément qui nous unit toutes : la montagne. Pour moi, intégrer ce groupe c'est une opportunité unique de se dépasser ensemble, en apprenant au contact les unes des autres afin d'atteindre ce même but : pouvoir mener une cordée en toute confiance.
Maman d'une petite fille de 5 mois, j'ai envie de lui transmettre cette belle passion et le savoir que nous allons acquérir au fil de ces deux années pour qu'elle aussi puisse devenir un jour une "première de cordée".

Et c'est au tour de Anaïs de se présenter
Originaire de la région parisienne, je mets la première fois les pieds en montagne à l'âge de 18 ans pendant des vacances au ski avec une copine. Ce fut LA révélation. Le Bac en poche, je débarque en Haute-Savoie pour des études de tourisme, j’enchaîne sur une licence en développement des territoires montagnards où je rencontre mon copain, avec lequel je découvre la montagne à travers un paquet d'activités sportives (trail, escalade, via ferrata, ski de rando...). Voilà maintenant 4 ans que je pratique ces activités, souvent en compagnie de mon chéri. Aujourd’hui, j’ai envie de prendre mon indépendance !

Je n’ai jamais fait de montagne avec des copines. Le groupe "Premières de cordée", je le vois comme enfin l’opportunité de partager ça avec des nanas, de vivre de nouvelles expériences, de progresser en escalade et bien sûr de devenir autonome.

Au tour de Olga de se présenter
53 ans, doyenne du groupe "Premières de cordée", née à Marseille au bord de l’eau de mer sur une plage de sable fin où j’ai appris à nager (sans les sardines...) . Je faisais le têtard, puis, à force de persévérance, j’ai fait le grand saut, franchir une partie profonde pour rejoindre un banc de sable au large. La motivation était telle que la peur du vide a disparu dans des actes qui m’ont donné des ailes.
Aujourd’hui, je suis animatrice terrestre et aquatique l’été et monitrice de ski de fond l’hiver. Toujours aussi motivée et curieuse de nouveautés, j’ai vaincu ma peur du vide (vertige) en escalade. Je rêve maintenant de grands pics qui m’envoûtent, je ne sais pas pourquoi... mais je suis mon instinct. Affaire à suivre !
"Premières de cordée" est une chance de pouvoir progresser et j’espère pouvoir trouver la force d’évoluer en tête en compagnie d’une équipe de filles.

Voici Élodie
Elodie, 35 ans, parisienne. J’ai découvert l’escalade tardivement, en juin 2018 lors d’un séjour UCPA en Crète. Dès mon retour à Paris, je m’inscris à plusieurs clubs, en salle. Depuis, je multiplie autant que possible les séjours à la montagne et découvre progressivement toutes les activités qui varient au fil des saisons (alpinisme estival, hivernal, cascade, ski de rando, trail). A chaque occasion, je suis fascinée par les paysages. Ces courses en montagne me permettent de faire le vide, d’éprouver un sentiment de plénitude.
Je suis ravie de faire partie de cette équipe de femmes. Cela promet de belles amitiés. C’est également la chance d'apprendre toutes les techniques pour évoluer en sécurité afin de progresser vers l’autonomie et le leadership. Ces moments forts entre femmes nous permettront de gagner en confiance et de nous émanciper.

Et hop, présentation de Pauline
Originaire des Hautes-Alpes, j’ai grandi dans l’ambiance montagne. Après avoir quitté cet environnement, découvert la ville et arpenté le monde, j’ai ressenti le besoin de retourner aux sources, aux choses simples, à la nature... et de retrouver le magnifique ciel bleu des Hautes-Alpes !
Débarquée dans le Briançonnais afin de profiter de la région, je me remets sur les skis l’hiver et à la grimpe aux beaux jours. Une année, puis deux, puis trois. Me voilà maintenant accro et désireuse d’aller plus loin, plus haut.
Quand j’ai entendu parler de "Premières de cordée", j’ai vu l’incroyable opportunité d’apprendre, de progresser et de se surpasser grâce à l’entraide au sein du groupe et à la superbe énergie féminine qu’il en émane. Objectif : gagner en confiance, en autonomie et un jour gravir les sommets... en première de cordée !

Et voici l'équipe au complet, avec la présentation de Vinciane
L’amour de la montagne m’a été transmis par ma mère, qui, dès le plus jeune âge, nous a emmené avec mes frères et sœurs courir les sentiers de randonnée et crapahuter sur les falaises. Ma première course de rocher, je l’ai faite à 12 ans. Sur le moment, je ne me rendais pas compte que c’était quelque chose d’exceptionnel. Puis, absorbée par le ski de fond, je n’ai pas eu beaucoup de temps à consacrer à l’escalade et l’alpinisme. Ce n’est que pendant mes études à Grenoble que je m’y remet doucement avec des amis. Aujourd’hui, l’envie de passer toujours plus de temps à skier, randonner, grimper, cascader à travers la montagne, m’anime et me pousse à rechercher plus d’autonomie et de confiance en moi dans ces nombreuses activités. J’ai vu dans « Premières de cordée » l’opportunité de m’approprier des connaissances techniques et de vivre des moments de partage en compagnie d’autres filles sur la même longueur d’onde.

Ecrit par Angèle Lemasson et toute la bande !

Promo 2019-20 : l'étape des sélections

Promo 2019-20 : l'étape des sélections

Récit

"On est venues, le ventre un peu noué de cette envie qui déborde : rentrer dans l'équipe, être une première de cordée. On se comptait, pourvu que ça marche, on savait qu'on ne pourrait être que 8, on était 12.

Un peu de compétition forcément, l'envie de faire partie, les frissons dans les doigts, impatients que ça commence, de s'agripper à la résine, pour enfin savoir. Et puis l'accueil d'Angèle, de Raphaële, de Damien. Les mots qui nous détachent de cet esprit un peu trouble. Ce ne sera pas moi contre les autres mais non, ensemble. Camille, Marceline, Angélique, Camille, Chloé, Nathalie, Eva, Laura, Clémentine, Mathilde (Gladys MANQUE), c'est d'abord l'envie de courir la montagne qui nous amène ici, la joie de la partager.

Et puis les premiers mouvements d'escalade. Très vite dans l'enchaînement des voies, on oublie ce qui nous a poussé ici. Seul compte le plaisir de nos corps qui s'arquent et s'élèvent. Les encouragements fusent de toute part, on applaudit aux réussites. 

Par la justesse d'Angèle, de Raphaëlle et de Damien, par leur façon de nous remettre dans ce qu'est l'esprit d'équipe, le groupe était déjà formé aux premiers moments des sélections. Quand est arrivé le moment délicat de révéler le noms des premières de cordées, c'est toutes ensemble que nous étions. Nous avons bien compris ce jour-là ce qui ferait la force de notre groupe : faire cordée ensemble sans compétition pour grandir dans notre passion de la montagne."

Une sortie ensemble : cascade de glace

Récit

"S'accrocher à de l'eau gelée à l'ombre alors qu'ailleurs ruisselle le soleil ? Quelle drôle d'idée ! C'était à peu près ma pensée lorsque je rejoignais les copines à Aiguilles. C'est que j'ai choisi de venir vivre dans les Hautes-Alpes pour le soleil moi !
 
Le matériel sur le dos, après la chaleur du café on s'équipe. D'un bond la plongée dans un monde figé, les différentes formes : stalactites, méduses, glace tintante, si fine et larges formes, la finesse de Raphaëlle qui nous parle de texture, de placement, de précision. Première voie, je plante mes piolets, mes crampons, zippe, me retrouve par terre. Ça commence bien !
Les filles s'échauffent, prennent de l'assurance, les éclats d'enthousiasme résonnent à peine le sol touché « c'était trop bien ! ». Petit à petit plus d'aisance, les ancrages se font plus facilement mais pas toujours à l'endroit opportun. On apprend, les piolets ne nous semblent plus des arrache-épaules, les crampons ripent un peu moins. On prend confiance. Zip ! Et un piolet dans la rivière ! Juste pour contredire l'agilité précédente.
C'est que c'est un sport fin la cascade de glace : l'équilibre, le placement des broches, l'utilisation des anfractuosités, les repos nécessaires, un œil fermé pour faire entrer la corde dans la lunule.
Et beau avec ça ! La glace qui fait comme un manteau dans la grande cascade, l'ascension pavée de blanc et de bleu. Le frisson de la montée en tête, enfoncer les broches, vite !
Les discussions au soleil en échangeant biscuits et chocolat, les encouragements, cette sensation dans les bras et les jambes, la finesse d'un équilibre.
 
Ce fut une très belle première journée, à donner des envies d'autres courses, de grandes voies en glace ou en rocher, de ski de rando… ça tombe bien c'est prévu !"

Ski de rando dans la Clarée

Récit

Le rendez-vous est donné le samedi 29 mars, au café. Dehors le brouillard, le froid, mais qu’est-ce qu’on fout là à charger les skis gelés, à se serrer autour de cafés tièdes ? Mais l’énergie suit la pensée, en avant donc ! Sur la table les cartes IGN se déplient, on scrute le bulletin des risques d’avalanche, on suit la météo, on échange des nouvelles.

L’itinéraire est fixé, direction le Chalet de Buffère au départ de Névache. La montée est rythmée par les timides apparitions du soleil, les rires qui fusent. Retour du brouillard, le chalet surgit dans la purée de pois, impossible de résister à la tentation de fuir le grésil pour s’y réfugier. A l’intérieur, festin et chaleur, thé chaud et gâteaux. Mais on n’est pas là pour acheter du terrain, de toute façon ça va se lever c’est sûr ! Et puis l’énergie suit la pensée alors…

Après quelques points techniques on s’élance dans la neige fraîche, on construit l’itinéraire à grand renfort d’observation, de recours à la carte, chacune trace un moment, guidant les autres sur des épaules, des combes, des pentes douces. 1000 mètres de dénivelé presque sans effort, comme quoi le dret dans l’pentu ce n’est pas peut-être pas le plus efficace ! Et le soleil ? Discret et puis soudain une éclaboussure, la vue se dégage, les sommets de la Claré, de la Guisane se dressent, accrochent quelques nuages, se gonflent de lumière. C’est fugace mais incroyablement beau.

Le thé du sommet se fait entre ombre et lumière, quelque unes parlent de moins en moins devant la pente qui se défile sous elles. Des encouragements et… l’énergie suit la pensée… on y va, la neige est légère, un peu transfo par endroit, l’occasion de quelques belles courbes. Un grand plat nous permet de parler secours en avalanche, concours de préparation de matos, test de portée, recherche de DVA, courses endiablées dans la neige, après nous le plat immaculé ressemble à un champ de bataille pour sanglier ! Le soir au refuge nous sommes incroyablement bien reçues, la soirée se déroule ponctuée de rires et d’envolées lyriques ! Et puis le lendemain c’est sûr il fera grand beau.

Un premier regard au dehors le lendemain matin confirme cette prévision. Oh oui vraiment, derrière toute cette masse de nuages se cache un soleil resplendissant. Il est timide mais c’est sûr, dans une heure il sera sorti. De toute façon l’énergie suit la pensée. Nous partons dans le brouillard, rapidement le grésil devient neige, la température baisse, on se met à grelotter. Au bout de deux heures nous débattons, chacune à un rôle, l’optimiste, la pessimiste, l’inventrice… et Clem prend la décision. « On fait demi-tour », on laisse l’énergie et la pensée congeler sur place !

Après quelques cabrioles dans les bosses, le groupe se scinde en deux, certaines cachent des DVA pour une recherche multi-victimes, les autres sont fin-prêtes, nos victimes n’ont même pas le temps de flemmarder sous la neige, elles sont sorties en un temps record ! Le froid devient encore plus vif, avec un je-ne-sais-quoi de mouillé, de glaçant. Après avoir appris à créer un corps-mort et à descendre les copines dessus, on se rue dans le refuge pour ne pas en devenir nous-même de corps morts ! Après le repas, il faut repartir à travers les bois. La neige est lourde, humide, un cri derrière nous, Clem s’effondre en gémissant.

Elle ne peut tenir debout. Rapidement on s’organise : Marceline, Eva et Mathilde rejoignent la route à l’horizontale pour voir si c’est praticable par là. Le gardien du refuge descend en motoneige les rejoindre. Raph, Nat, Laura, Gladys et Camille fabriquent un traineau avec les sacs, elles posent Clem dessus et font glisser le tout en évitant les arbres et les cassures. L’avantage, c’est qu’on crève toutes de chaud !

Deux heures plus tard Clem est couchée à l’arrière de la motoneige qui l’emmène vers l’ambulance. Il ne nous reste qu’à rentrer à Névache, à boire un chocolat chaud pour nous remettre de tant d’émotions et de filer aux Urgences. Nous remettons à plus tard l’essorage de nos fringues trempées de pluie et de transpi !