Groupe Féminin

Première de Cordée

Dans notre projet de développement, la création d'un nouveau groupe espoir voit le jour ; pour améliorer le partage, l'échange et la découverte nous mettons en place un groupe promotion féminin escalade/montagne axé sur le développement de l’autonomie, la pratique en toute confiance et l’accès à un rôle de « première de cordée ».

L'équipe fonctionne sur 2 années de stages axées sur les différentes techniques d'escalade et d'alpinisme (fondamentaux, artif., grandes voies rocheuses en terrain d'aventure, mixte et cascade de glace, alpinisme estival et hivernal, grandes courses...) La fin de la deuxième année est consacrée à la préparation et à la réalisation d'une expédition "montagne/escalade".

Suivez les actus de la promo 2018-2019 sur Facebook!

 

L'étape des sélections

L'étape des sélections

Récit

"On est venues, le ventre un peu noué de cette envie qui déborde : rentrer dans l'équipe, être une première de cordée. On se comptait, pourvu que ça marche, on savait qu'on ne pourrait être que 8, on était 12.

Un peu de compétition forcément, l'envie de faire partie, les frissons dans les doigts, impatients que ça commence, de s'agripper à la résine, pour enfin savoir. Et puis l'accueil d'Angèle, de Raphaëlle, de Damien. Les mots qui nous détachent de cet esprit un peu trouble. Ce ne sera pas moi contre les autres mais non, ensemble. Camille, Marceline, Angélique, Camille, Chloé, Nathalie, Eva, Laura, Clémentine, Mathilde, Gladys MANQUE, c'est d'abord l'envie de courir la montagne qui nous amène ici, la joie de la partager.

Et puis les premiers mouvements d'escalade. Très vite dans l'enchaînement des voies on oublie ce qui nous a poussé ici. Seul compte le plaisir de nos corps qui s'arquent et s'élèvent. Les encouragements fusent de toute part, on applaudit aux réussites. 

Par la justesse d'Angèle, de Raphaëlle et de Damien, par leur façon de nous remettre dans ce qu'est l'esprit d'équipe, le groupe était déjà formé aux premiers moments des sélections. Quand est arrivé le moment délicat de révéler le noms des premières de cordées, c'est toutes ensemble que nous étions. Nous avons bien compris ce jour-là ce qui ferait la force de notre groupe : faire cordée ensemble sans compétition pour grandir dans notre passion de la montagne."

Une sortie ensemble: Cascade de Glace

Récit

"S'accrocher à de l'eau gelée à l'ombre alors qu'ailleurs ruisselle le soleil ? Quelle drôle d'idée ! C'était à peu près ma pensée lorsque je rejoignais les copines à Aiguilles. C'est que j'ai choisi de venir vivre dans les Hautes-Alpes pour le soleil moi !
 
Le matériel sur le dos, après la chaleur du café on s'équipe. D'un bond la plongée dans un monde figé, les différentes formes : stalactites, méduses, glace tintante, si fine et larges formes, la finesse de Raphaëlle qui nous parle de texture, de placement, de précision. Première voie, je plante mes piolets, mes crampons, zippe, me retrouve par terre. Ça commence bien !
Les filles s'échauffent, prennent de l'assurance, les éclats d'enthousiasme résonnent à peine le sol touché « c'était trop bien ! ». Petit à petit plus d'aisance, les ancrages se font plus facilement mais pas toujours à l'endroit opportun. On apprend, les piolets ne nous semblent plus des arrache-épaules, les crampons ripent un peu moins. On prend confiance. Zip ! Et un piolet dans la rivière ! Juste pour contredire l'agilité précédente.
C'est que c'est un sport fin la cascade de glace : l'équilibre, le placement des broches, l'utilisation des anfractuosités, les repos nécessaires, un œil fermé pour faire entrer la corde dans la lunule.
Et beau avec ça ! La glace qui fait comme un manteau dans la grande cascade, l'ascension pavée de blanc et de bleu. Le frisson de la montée en tête, enfoncer les broches, vite !
Les discussions au soleil en échangeant biscuits et chocolat, les encouragements, cette sensation dans les bras et les jambes, la finesse d'un équilibre.
 
Ce fut une très belle première journée, à donner des envies d'autres courses, de grandes voies en glace ou en rocher, de ski de rando… ça tombe bien c'est prévu !"

Ski de rando dans la Clarée

Récit

Le rendez-vous est donné le samedi 29 mars 201, au café. Dehors le brouillard, le froid, mais qu’est-ce qu’on fout là à charger les skis gelés, à se serrer autour de cafés tièdes ? Mais l’énergie suit la pensée, en avant donc ! Sur la table les cartes IGN se déplient, on scrute le bulletin des risques d’avalanche, on suit la météo, on échange des nouvelles.

L’itinéraire est fixé, direction le Chalet de Buffère au départ de Névache. La montée est rythmée par les timides apparitions du soleil, les rires qui fusent. Retour du brouillard, le chalet surgit dans la purée de pois, impossible de résister à la tentation de fuir le grésil pour s’y réfugier. A l’intérieur, festin et chaleur, thé chaud et gâteaux. Mais on n’est pas là pour acheter du terrain, de toute façon ça va se lever c’est sûr ! Et puis l’énergie suit la pensée alors…

Après quelques points techniques on s’élance dans la neige fraîche, on construit l’itinéraire à grand renfort d’observation, de recours à la carte, chacune trace un moment, guidant les autres sur des épaules, des combes, des pentes douces. 1000 mètres de dénivelé presque sans effort, comme quoi le dret dans l’pentu ce n’est pas peut-être pas le plus efficace ! Et le soleil ? Discret et puis soudain une éclaboussure, la vue se dégage, les sommets de la Claré, de la Guisane se dressent, accrochent quelques nuages, se gonflent de lumière. C’est fugace mais incroyablement beau.

Le thé du sommet se fait entre ombre et lumière, quelque unes parlent de moins en moins devant la pente qui se défile sous elles. Des encouragements et… l’énergie suit la pensée… on y va, la neige est légère, un peu transfo par endroit, l’occasion de quelques belles courbes. Un grand plat nous permet de parler secours en avalanche, concours de préparation de matos, test de portée, recherche de DVA, courses endiablées dans la neige, après nous le plat immaculé ressemble à un champ de bataille pour sanglier ! Le soir au refuge nous sommes incroyablement bien reçues, la soirée se déroule ponctuée de rires et d’envolées lyriques ! Et puis le lendemain c’est sûr il fera grand beau.

Un premier regard au dehors le lendemain matin confirme cette prévision. Oh oui vraiment, derrière toute cette masse de nuages se cache un soleil resplendissant. Il est timide mais c’est sûr, dans une heure il sera sorti. De toute façon l’énergie suit la pensée. Nous partons dans le brouillard, rapidement le grésil devient neige, la température baisse, on se met à grelotter. Au bout de deux heures nous débattons, chacune à un rôle, l’optimiste, la pessimiste, l’inventrice… et Clem prend la décision. « On fait demi-tour », on laisse l’énergie et la pensée congeler sur place !

Après quelques cabrioles dans les bosses, le groupe se scinde en deux, certaines cachent des DVA pour une recherche multi-victimes, les autres sont fin-prêtes, nos victimes n’ont même pas le temps de flemmarder sous la neige, elles sont sorties en un temps record ! Le froid devient encore plus vif, avec un je-ne-sais-quoi de mouillé, de glaçant. Après avoir appris à créer un corps-mort et à descendre les copines dessus, on se rue dans le refuge pour ne pas en devenir nous-même de corps morts ! Après le repas, il faut repartir à travers les bois. La neige est lourde, humide, un cri derrière nous, Clem s’effondre en gémissant.

Elle ne peut tenir debout. Rapidement on s’organise : Marceline, Eva et Mathilde rejoignent la route à l’horizontale pour voir si c’est praticable par là. Le gardien du refuge descend en motoneige les rejoindre. Raph, Nat, Laura, Gladys et Camille fabriquent un traineau avec les sacs, elles posent Clem dessus et font glisser le tout en évitant les arbres et les cassures. L’avantage, c’est qu’on crève toutes de chaud !

Deux heures plus tard Clem est couchée à l’arrière de la motoneige qui l’emmène vers l’ambulance. Il ne nous reste qu’à rentrer à Névache, à boire un chocolat chaud pour nous remettre de tant d’émotions et de filer aux Urgences. Nous remettons à plus tard l’essorage de nos fringues trempées de pluie et de transpi !